En route vers la fin, par Gerard Reve
En six lettres écrites au début des années 60, adressées à un lecteur anonyme, Gerard Reve bat en brèche les littératures européenne et américaine. Rien ici cependant de théorique ni d’alambiqué. Et rien qui ne soit « mensonger, inventé ou calculé » dans cette œuvre dans laquelle les évocations autobiographiques se mêlent avec panache à l’exposition d’un art d’écrire.
La lettre expédiée d’Edimbourg assassine les fausses gloires internationales et démontre avec une féroce jubilation pourquoi Norman Mailer et Henry Miller sont pour le moins surestimés. Celle d’Amsterdam est consacrée à la mélancolie et aux moyens de la combattre. Les deux missives d’Angleterre décrivent la guerre incessante entre l’acte d’écrire et le néant de tout quotidien. La lettre postée du pays des écrivains donne les preuves qu’écrire n’est pas une activité gratuite, quoi qu’en pensent les médiocres de notre planète. Enfin, le courrier posté d’Algésiras explique comment Reve a trouvé la paix intérieure, alcool et miséricorde divine aidant, pour mener à bien son œuvre.

En librairie le 11 mars 2010
Traduit par du hollandais par Bertrand Abraham
192 p.
21 €
ISBN : 9782752903730
Né le 14 décembre 1923 à Amsterdam, Gerard Reve est considéré comme l’un des trois plus grands auteurs d’expression néerlandaise aux côtés de W. F. Hermans et Harry Mulish. Longtemps icône d’une certaine jeunesse révoltée, Gerard Reve est connu pour son œuvre controversée, jalonnée de scandales, entre vision subversive de la religion et sexualité débridée (homosexuel, il fut l’un des premiers à faire son coming out aux Pays-Bas). Flamboyant cousin d’un Thomas Bernhard et d’une Elfriede Jelinek, son œuvre tout d’abord contestée, fut finalement très largement saluée pour son audace, sa puissance et son humour. Son roman Le Quatrième Homme (1981) a d’ailleurs été porté à l’écran par Paul Verhoeven en 1983. Décédé en 2006, il laisse derrière lui une œuvre colossale et flamboyante, et l’image forte d’un écrivain que rien ne semblait pouvoir ébranler. Les éditions Phébus ont publié en 2005 un de ses romans majeurs, Mère et fils.