Roman autant qu’essai autobiographique, Lait noir relate avec sincérité et brio les dix mois qui ont suivi la naissance de la fille d’Elif Shafak, ayant coïncidé avec une dépression postpartum. Aujourd’hui cette pathologie n’est plus taboue en Occident. Mais si elle est régulièrement abordée dans les médias et des ouvrages spécialisés, elle n’a que rarement fait l’objet de romans. En outre, aucune femme de confession musulmane n’en avait jusqu’à présent ausculté le déroulement, les enjeux et les arcanes.
Livre polyphonique, Lait noir entrelace les voix intérieures de l’auteur, voix contradictoires représentées par six petites bonnes femmes aux allures de poupées russes. Elif Shafak questionne la féminité en dialoguant tour à tour avec Miss Cynique Intello et Miss Ego Ambition, Miss Intelligence Pratique et Dame Derviche, Maman Gâteau et Miss Satin Volupté.
Onirique et d’une roborative ironie, ce joyau inclassable convoque également de grandes figures littéraires telles que Simone de Beauvoir, Zelda Fitzgerald, Doris Lessing et Sylvia Plath.



En librairie le 27 août 2009
Genre : Roman
Traduit du turc par Valérie Gay-Aksoy
352 p.
22 €
ISBN : 9782752903785


Elif Shafak est née à Strasbourg en 1971. Couronnée de nombreux prix, elle est aujourd’hui la romancière la plus lue en Turquie, et son œuvre est traduite dans plus de vingt-cinq langues. Elle est l’auteur de neuf livres (dont sept romans), écrits en turc ou en anglais.

Son premier roman, Pinhan (Le mystique), a reçu le prix Rumi en 1998, qui récompense la meilleure œuvre de littérature mystique en Turquie. Son deuxième roman, Şehrin Aynaları (Les miroirs de la ville), ancré dans le monde méditerranéen du XVIIe siècle, effectue la synthèse du mysticisme juif et islamique. Elif Shafak élargit considérablement son lectorat avec Mahrem (Le regard) qui remporte le prix de l’Union des écrivains turcs en 2000. Quant à Bit Palas (Bonbon Palace, Phébus, 2008), il devient rapidement un best-seller en Turquie. Elif Shafak se consacre ensuite à Med-Cezir, un essai sur le genre, la sexualité, les ghettos mentaux et la littérature.

Elle écrit le roman suivant directement en anglais : The Saint of Incipient Insanities est publié chez Farrar, Straus and Giroux. Le deuxième roman qu’elle écrit dans cette langue, The Bastard of Istanbul (La Bâtarde d’Istanbul, Phébus, 2007; 10/18, 2008), est le livre le plus vendu en Turquie en 2006. En France, il emballe 75 000 lecteurs et intègre la sélection du Grand prix des lectrices de Elle. Certains propos qui y sont tenus, relatifs au sort des Arméniens, conduisent l’auteur à être poursuivie pour « atteinte à la dignité de l’État turc ». Les charges contre elle sont finalement levées.

Après avoir mis au monde une petite fille en 2006, Elif Shafak traverse une dépression postnatale – expérience qui lui inspire son premier texte autobiographique, Black Milk (Lait noir, Phébus, 2009), où elle dépeint les splendeurs et misères de la condition de mère et d’écrivain. Le livre, acclamé par la critique comme par le lectorat féminin, connaît un immense succès.

Son dernier roman, The Forty Rules of Love (Soufi, mon amour), paru en Turquie en 2009, achève de consacrer sa popularité : il s’en écoule 300 000 exemplaires en quatre mois.

En parallèle de son activité d’écrivain, Elif Shafak enseigne les sciences politiques. Diplômée de l’université technique du Moyen Orient à Ankara, elle détient un master en Gender and Women’s studies et un doctorat en sciences politiques. Sa thése sur « le mysticisme islamique et la compréhension circulaire du temps » a été primée par l’Institut des sciences sociales turc. En son pays, l’auteur collabore à divers quotidiens et hebdomadaires. Elle signe également des paroles de chansons pour des groupes de rock. Elif Shafak vit à Istanbul avec son mari et ses deux enfants.