Marie Vassiltchikov (dite « Missie ») est une charmante Russe issue d’une famille émigrée apparentée à tout le gotha européen. Elle mène d’abord une existence insouciante, mais la folie du nazisme va la métamorphoser. Obligée pour survivre de travailler au ministère des Affaires étrangères allemand, elle s’y lie d’amitié avec des opposants qui partagent sa haine du régime et n’ont bientôt qu’un seul but : abattre Hitler.
Son journal, qui fut publié pour la première fois en 1976, deux ans avant sa mort, est une belle leçon de courage et d’espoir. Jamais on n’avait décrit ainsi, sur le vif, la vie quotidienne dans un Berlin livré au chaos – privations, bombardements, destructions massives, terreur policière, angoisse permanente de l’avenir. Jamais surtout on n’avait évoqué de façon aussi saisissante l’attentat du 20 juillet 1944 contre le Führer, qui fut tout près de réussir mais s’acheva dans un bain de sang. Le lecteur redécouvrira avec passion cet extraordinaire document, qui exalte l’esprit de résistance d’une femme libre et indomptable.



Paru le 18/01/2007
Traduit de l'anglais par Anne Guibard et Anne-Marie Jarriges
528 p.
12 €
ISBN : 9782752902320






Château de Friedland, lundi 1er janvier 1940.


Olga Pückler, Tatiana et moi avons passé le nouvel an au château de Friedland. Nous avons allumé l’arbre de Noël et essayé de deviner l’avenir en versant de la cire fondue et du plomb dans un bol d’eau. Nous nous attendons à ce que Mamma et Georgie nous rejoignent d’une minute à l’autre en provenance de la Lituanie. Ils ont annoncé leur arrivée à plusieurs reprises. A minuit, toutes les cloches du village se sont mises à sonner. Nous nous sommes penchées par la fenêtre pour écouter: c’est le premier nouvel an de cette Seconde Guerre mondiale...