Fruit des amours illégitimes d’une Tonkinoise et d’un militaire français qui l’abandonne, la petite Kim naît à Hanoi à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Cette naissance marque la mère du sceau de l’infamie de la transgression raciale et de la collaboration avec le colonisateur. La petite fille puis l’adolescente doit, elle, surmonter la triple difficulté d’être femme, bâtarde et métisse pour conquérir son indépendance. Métisse blanche retrace avec force les vingt premières années de l’existence de l’auteur au Viêtnam, avant son départ salvateur pour la France.

Retour à la saison des pluies est le récit poignant de ses retrouvailles avec son pays d’origine, trente ans après. Kim Lefèvre ne trouve là qu’un miroir brisé: lieux et gens ont tellement changé…


En librairie le 17 janvier 2008
Libretto
528 p.
11.90 €
ISBN 9782752903211


« La tension du souvenir est si violente qu’elle nous restitue, au détour de l’autobiographie, l’heure historique du Viêtnam, au point de rupture entre tradition et idéologie. » Sylvaine Pasquier/L’Express





Je suis née, paraît-il, à Hanoi un jour de printemps, peu avant la Seconde Guerre mondiale, de l’union éphémère entre une jeune Annamite et un Français. Je n’ai, sur ce sujet, pas de preuve tangible, aucun acte de naissance n’ayant été établi avant ma quinzième année. D’ailleurs, je n’ai pas cherché à le savoir. Cela n’avait aucune importance, ni pour moi ni pour les autres. Nous vivions dans une société où la notion du temps quantifié n’existait pas. Nous savions que notre vie se divise en grandes périodes : l’enfance, le temps des règles pour une fille – signe de l’enfantement possible, donc du mariage proche –, l’âge d’être mère, puis celui d’être belle-mère lorsque enfin on a acquis le droit – si la chance vous a dotée d’un fils – de régner sur une bru craintive qui entre dans votre maison. Quatre ou cinq ans de plus ou de moins représentaient peu de chose...