Quand la terre s’est ouverte au Sichuan, en mai 2008, Liao Yiwu a pris sa plume pour décrire le spectacle désolant qui l’entourait, pour interroger les survivants et pour essayer de comprendre comment une catastrophe si importante n’a pas pu être mieux anticipée et gérée par les autorités. Au milieu des ruines et des corps, son témoignage gêne le gouvernement chinois accusé d’avoir contrôlé la couverture médiatique de l’événement et laissé construire des bâtiments de mauvaise facture.
À la lecture de ce journal, qui n’est pas seulement un document sur le séisme, mais aussi un véritable exercice littéraire émaillé de récits poignants, on découvre l’ampleur du drame qui a coûté la vie à des milliers de Chinois. S’il n’emploie jamais un ton pathétique pour décrire l’innommable, Liao Yiwu use de sa verve incisive pour enquêter auprès des rescapés et confondre les responsables. Tout cela était-il vraiment inéluctable ?
Persona non grata chez lui, Liao Yiwu ne peut pourtant pas quitter le territoire chinois. Ses écrits, nourris des scènes de tous les jours, de rencontres imprévues et d’enquêtes menées auprès de ceux que l’on peut considérer comme les laissés-pour-compte d’une Chine en plein essor, en font l’un des auteurs contemporains les plus audacieux de sa génération.



En librairie le 20 mai 2010
Collection : Documents
Traduit du chinois par Marie Holzman et Marc Raimbourg
252 p.
20 €
ISBN 9782283024317


Poète, musicien et reporter chinois, Liao Yiwu est né en 1958. Il a connu les affres de la République populaire. En 1982, il fait ses premières armes en composant des poèmes « subversifs ». En 1990, il est condamné à quatre ans de prison pour crime politique. Précurseur de la « littérature réaliste noire », il milite alors en faveur des droits de l’homme.